Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
liensocialtogo.overblog.com

Sursaut de solidarité au sein des journalistes Togolais Près d’un million de F Cfa mobilisé pour l’opération chirurgicale de Sam Assanh

13 Décembre 2012, 08:20am

Pour un coup d’essai, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo vient de réussir un coup de maître. Alors que le journaliste reporter Samuel Assanh, victime d’un accident de circulation croupissait dans son lit d’hôpital sans ressource pour l’opération chirurgicale de sa jambe gauche fracturé, le Synjit a lancé un appel de fond à ses membres et à toute la corporation pour venir en aide au confrère. Deux mois et demi plus tard, la moisson a été bonne et le journaliste opéré a regagné son domicile le 27 novembre 2012. Le Synjit a animé une conférence de presse mercredi après midi à la maison de la presse à Lomé pour faire le point de la collecte des fonds et mettre fin à l’appel à l’aide lancé en octobre dernier.
Cet appel de fond a permis au syndicat de rassembler le montant de 987 450 F Cfa pour payer l’intervention chirurgicale du blessé et une partie de ses exercices de rééducation. Plus de la moitié de cette somme a été un apport de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) dont la branche Afrique est basée à Dakar au Sénégal. Pour Maxime Domegni, Secrétaire général du Synjit, la satisfaction réside surtout dans la solidarité manifestée par les confrères et la joie de revoir le camarade Samuel de retrouver ses moyens de locomotion.
Cet élan de solidarité manifesté par les journalistes a précipité la réflexion du bureau syndicale au sujet de la mise en place d’une mutuelle de santé au profit des journalistes Togolais. Le syndicat a saisi l’occasion de cette conférence de presse pour lancer un appel aux bonnes volontés et aux partenaires techniques et financiers à soutenir les journalistes pour la réalisation de ce projet.
Une solidarité confraternelle à la place d’une sécurité sociale
L’accident de circulation dont a été victime Samuel Assanh est survenu au petit matin du 06 septembre 2012, alors qu’il rentrait du bouclage de son journal le changement. En tant que tel, il s’agit d’un accident de travail dont la prise en charge devait incomber à son employeur et à la Caisse nationale de sécurité sociale. Or, la victime n’étant pas déclarée à la CNSS, ne bénéficiant d’aucune assurance maladie et travaillant dans des conditions déplorables avec un salaire indigne de ce métier, il était obligé de faire face tout seul aux frais de soins. Difficile, voire impossible pour un journaliste togolais qui, généralement ne dispose pas de salaire, ou à la limite perçoit une rémunération inférieure ou égale 70 ou 80 000 Cfa soit l’équivalent de 110 ou 120 euro (pour les mieux payés) et sans assurance ni protection sociale de disposer d’une économie suffisante pour payer au comptant une opération chirurgicale d’environ 500 000 F Cfa (750 euro).
Journalisme, un des métiers les plus précaire au Togo
Cette réalité sur les conditions de travail et de vie est générale pour tous les employés des médias privés et même pour certains confrères des médias publics au Togo. En effet, le secteur privé est caractérisé par l’inexistence de convention collective qui puisse définir les normes des relations entre employeurs et employés. Ces derniers n’ont généralement pas d’heure fixe de travail journalier ou hebdomadaire ; la plupart n’ont pas de salaire fixe et sont rémunérés au gré des humeurs des employeurs, ou au prorata de la recette faite par le Directeur de l’organe au cours de la période. Il est rare d’entendre des journalistes togolais parler d’un congé après une année effective de travail comme le recommande le code du travail. Autant de précarité qui transparaît dans les écrits et propos des journalistes par leurs prises de position partisane et intéressée sans la moindre objectivité, réduisant certains organes de presse à de caisses de résonance d’idéologies politiques.

Maxime Domégni et Alphonse Logo, respectivement SG et chargé de l'information du SYNJIT (image d'archives)

Maxime Domégni et Alphonse Logo, respectivement SG et chargé de l'information du SYNJIT (image d'archives)

Commenter cet article